(Résumé I.A. du document original qui suit)
Un vieux médecin de famille, après 25 ans d’exercice au service des populations, a décidé de se réinscrire sur les listes des médecins de garde. Une action qu’il n’avait plus effectuée depuis plusieurs années, marquées par l’épuisement. Son premier appel, vers 23h, a été cette révélation : « Allo, Docteur, j’ai mon fils qui a 40, et si vous ne venez pas tout de suite, j’en appelle un autre ! » Un électrochoc pour lui. Et ce n’est pas la première fois qu’il se pose la question : « Et tu t’étonnes que les jeunes diplômés n’aiment pas cette vie-là ? »
La vie du spécialiste, selon lui, est « un confort incomparable » par rapport à celle du généraliste. Mais ce n’est pas un choix libre. « Avec le généraliste, la médecine s’en va de notre pays. La « Science » et la pharmacie la remplacent. » Les urgences, les maladies aiguës sont désormais gérées par des systèmes technologiques « efficaces » et « performants ». Le pharmacien propose des remèdes de « bobologie » pour l’urgence. Le « progrès » a donc remplacé les relations humaines.
Le texte évoque un futur où les jeunes générations ne verront plus de « médecin de famille », mais des « paramédicaux orienteurs » ou des pharmaciens en charge des soins. Tous les médecins deviendront spécialistes ou salariés. « C’est le progrès ! C’est cela que tu voulais ? » Le ton est incendiaire.
Le contexte historique est clé : depuis les années 1980, les généralistes ont vu leurs missions réduites. Le temps de
l’« écoute », des visites à domicile, des escaliers des HLM escaladés pour soigner des enfants, a disparu. Le médecin décrit une détérioration des relations humaines : « Tu n’as plus de respect. Tu n’as plus d’estime. » Le système a épuisé les médecins, et les jeunes diplômés ne veulent plus de ce métier.
Le médecin insiste sur l’urgence de retrouver une médecine humaine. « Retrouver une médecine humaine, voilà un magnifique projet pour les jeunes générations, si elles levaient le regard de leurs écrans et enlevaient les écouteurs pour entendre la vie. » C’est un appel à l’action : réveiller l’empathie, la confiance, la relation humaine dans les soins.
(Fin du résumé I.A.)







