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PATIENCE DE DIEU

La médecine traverse une crise profonde qui dépasse largement les frontières des cabinets et des hôpitaux. Cette discipline millénaire, fondée sur le serment d’Hippocrate et la vocation humaniste, subit une transformation radicale sous l’emprise du monde financier. La pratique médicale, jadis exercée comme un sacerdoce au service de la santé des populations, devient progressivement un secteur économique où seul le patient malade génère des profits.​

Une mutation historique

Depuis la fin du Moyen Âge, l’Europe a connu de profondes transformations qui ont façonné notre rapport à la médecine. La découverte de l’Amérique et les bouleversements des siècles suivants ont progressivement érodé les fondements humanistes de la société européenne. Les guerres de religion, la Révolution française et l’avènement d’un ordre mercantile mondial ont redessiné les priorités collectives.​

L’équilibre tripartite qui caractérisait l’ancien ordre social reposait sur trois piliers complémentaires : la noblesse, le clergé et le tiers état. Ce système, malgré ses imperfections, maintenait une certaine stabilité et plaçait l’humain au centre des préoccupations. La Révolution a balayé cet équilibre pour installer un nouvel ordre bipolaire, dominé par la finance d’un côté et les consommateurs de l’autre.​

La médecine sous emprise économique

Depuis la Grande Crise de 1929, le monde financier a progressivement phagocyté la médecine traditionnelle. La médecine hippocratique, humaine et charitable, cède la place à une pratique scientifique froide, technologique et coûteuse pour la collectivité. Cette évolution transforme la médecine en facteur d’intervention économique et sociale majeur, générateur d’emplois marchands et de profits considérables.​

Les médecins formés au serment d’Hippocrate se retrouvent contraints d’élever leur regard au-delà de leurs patients pour comprendre les forces qui les entraînent. Leur responsabilité ne se limite pas aux données actuelles de la science, car ils portent également une charge d’âmes comparable à celle des religieux. En tant que sachants assermentés, ils possèdent le pouvoir exorbitant de rendre ou d’enlever la vie et la santé.​

Un appel à la vigilance

La réflexion sur la pandémie de Covid-19 a ravivé ces questionnements fondamentaux. Elle rappelle aux soignants actuels et futurs qu’ils doivent s’équiper pour affronter les épreuves qui les attendent, armés d’un amour profond de la vie. Le relativisme, le matérialisme et l’hypocrisie qui caractérisent notre époque menacent les fondements mêmes de l’exercice médical.​

Cette critique ne vise pas à condamner le progrès scientifique, mais à alerter sur la perte progressive de l’âme de la médecine. Lorsque l’orgueilleux tourne le dos à l’humain dans la vie publique et officielle, il compromet l’avenir des générations futures.​

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