La disparition progressive du médecin généraliste
La médecine moderne s’organise en spécialités distinctes, fragmentant le corps humain en territoires isolés : cardiologie, gastro-entérologie, dermatologie, neuropsychiatrie. Cette segmentation, justifiée par les progrès scientifiques et technologiques, transforme progressivement les patients en une collection d’organes plutôt qu’en êtres humains à soigner dans leur globalité. Dans les couloirs hospitaliers, cette déshumanisation atteint son paroxysme lorsque le personnel médical désigne les malades par leur pathologie ou leur organe défaillant.
Pourtant, le médecin traitant, ce praticien de première ligne qui connaissait ses patients et leurs familles, disparaît inexorablement du paysage sanitaire français. Les déserts médicaux s’étendent au début du XXIe siècle, conséquence directe d’une politique délibérée qui favorise la spécialisation au détriment de la médecine générale.







