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MAMMOGRAPHIE

La mammographie systématique en question

Novembre 2024, une jeune femme attend son tour dans un cabinet de radiologie, visiblement inquiète à l’idée de passer sa première mammographie. Cette scène illustre parfaitement le dilemme auquel sont confrontées des milliers de femmes chaque année face au dépistage du cancer du sein. Alors que le discours médical officiel recommande vivement un dépistage systématique par mammographie chez les femmes de plus de 50 ans, avec un examen tous les deux ans entre 50 et 74 ans, certaines voix médicales s’élèvent pour questionner cette approche.​

Le discours officiel

Le message véhiculé par les autorités sanitaires repose sur une logique simple : détecter précocement de petites tumeurs permet un traitement rapide et souvent une guérison. En France, le cancer du sein demeure la première cause de mortalité par cancer chez la femme, avec environ 11 000 décès annuels en 2000. Les statistiques montrent que la mortalité a amorcé une diminution depuis l’année 2000, attribuée aux progrès thérapeutiques et au dépistage de masse.​

Une question légitime sur les risques

Dans les années 1990, lors du lancement du « Mammobile » dans l’Hérault, une question cruciale a été posée au Professeur Tubiana : quel risque fait-on courir à la population par une mammographie systématique ? La réponse évoquait un risque de 1%, compte tenu de la qualité des appareillages et de la formation du personnel. Cette réponse soulève une interrogation éthique majeure : est-il acceptable d’exposer une population de femmes en bonne santé à un risque supplémentaire de cancer, même minime, pour un examen préventif ?​

L’incidence du cancer en évolution

L’incidence du cancer du sein en France a régulièrement augmenté entre 1980 et 2005, avant de montrer une tendance à la régression. Les statisticiens attribuent cette baisse au dépistage mammographique précoce et à la diminution des traitements hormonaux de la ménopause. Toutefois, cette approche statistique ne répond pas à la question individuelle que se pose chaque femme : quel impact cet examen aura-t-il sur sa santé personnelle ?​

Une approche différente

Pour une femme sans hérédité ni signe inquiétant, la réflexion médicale devrait peut-être s’orienter différemment. Au-delà de la question du dépistage, l’accent pourrait être mis sur l’élimination des facteurs de risque connus : contraception hormonale, obésité, tabac, alcool, sédentarité, chimie alimentaire, stress, et une alimentation déséquilibrée pauvre en crudités, légumes frais variés et fruits. Cette approche préventive globale mérite d’être considérée avec autant d’attention que le dépistage lui-même.​

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