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CONTRE

Notre société valorise constamment les démarches négatives, et la médecine n’échappe pas à cette tendance omniprésente. L’espace médiatique accorde crédit uniquement aux initiatives qui se positionnent « contre » quelque chose, qu’il s’agisse de comportements jugés déviants ou de menaces sanitaires. Cette frénésie atteint son paroxysme en médecine, où les praticiens semblent uniquement autorisés à exercer « contre » une pathologie.​

Le piège linguistique

L’association des mots « lutter » et « contre » envahit tous les supports médiatiques. Cette rhétorique contraint les médecins à adopter inconsciemment une approche combative, avec des répercussions majeures sur la santé des patients. À l’instar de l’agriculteur qui répand son pesticide contre les ravageurs, la plupart des praticiens croient sincèrement que leur vocation consiste uniquement à combattre la maladie. Cette formulation crée un effet de mobilisation collective qui court-circuite la réflexion personnelle.​

Un réflexe intellectuel conditionné

Le simple fait de prononcer le mot « maladie » déclenche automatiquement une réponse cognitive orientée vers le combat. Cette réaction s’apparente au réflexe de la grenouille face à une épine sur sa patte. Nous focalisons spontanément notre attention sur l’analyse de la pathologie et les moyens de la vaincre, dans un processus qui ressemble à une manipulation de l’intelligence.​

La santé oubliée

Lorsque le médecin ne doit que lutter contre la maladie, sa mission fondamentale de rétablir la santé disparaît complètement. Elle s’efface dans le mouvement réflexe de mobilisation face au danger suggéré par le concept même de maladie. Cette mécanique ne concerne pas uniquement la médecine mais sert également à gouverner populations, groupes syndicaux et armées.​

Le pouvoir créateur des mots

Un proverbe juif affirme que « le mot est créateur ». En nommant constamment l’ennemi, nous lui conférons consistance et puissance. En politique comme en médecine, celui qui cite son adversaire s’assure presque certainement de perdre face à lui. Le mythe grec de Persée illustre parfaitement cette vérité : le héros vainc la Méduse en ne la regardant que dans le reflet de son bouclier, tandis que tous les chevaliers qui l’ont affrontée directement ont été pétrifiés.​

Vers une approche positive

La solution réside dans un changement radical de perspective. Parlons « pour la santé » et nous l’obtiendrons pour tous. Pensons santé, cherchons les moyens de l’obtenir, étudions-la, défendons-la, définissons-la véritablement. Il s’agit de dire à son médecin que l’objectif est de retrouver la santé, de raconter à nos proches les moments passés en bonne santé, d’avoir le souci de la santé réelle et naturelle. Cette démarche vise à aider chacun à retrouver les compétences des médecins d’avant l’explosion des maladies chroniques.​

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