La crise sanitaire de 2020 a révélé une contradiction majeure dans l’organisation médicale française : alors que la planification administrative prévoyait la disparition progressive des médecins généralistes, remplacés par des paramédicaux et pharmaciens en dispensaire, l’épidémie de coronavirus a brutalement démontré l’indispensabilité de ces praticiens de première ligne. Face à des services d’urgence submergés, ce sont bien les généralistes de quartier, y compris des retraités revenus en renfort, qui ont assuré la défense initiale avant les admissions hospitalières.
Cette situation met en lumière les failles d’un système médical entièrement tourné vers la spécialisation et la validation scientifique. Depuis plus d’un demi-siècle, les décisions administratives en matière de santé s’appuient sur le prestige de la science, proclamé à grand renfort de médias nationaux. Si ce paradigme scientifique éblouit par ses réalisations en diagnostic, chirurgie et traitement des maladies aiguës, il montre ses limites face aux épidémies imprévues et reste impuissant devant l’explosion actuelle des maladies chroniques.







